La législation sur l’IA de l’UE : principes et portée pour l’avenir de l’IA

7 min Steve Tiambo

La législation sur l’IA de l’UE, ou règlement (UE) 2024/1689, est le premier cadre juridique complet au monde dédié à l’intelligence artificielle. Entrée en vigueur le 1 août 2024, elle vise à établir des règles harmonisées pour une IA digne de confiance. Ces règles sont fondées sur les risques et interdisent des pratiques jugées inacceptables, notamment la manipulation ou la notation sociale, pour protéger la sécurité et les

L’IA digne de confiance : une exigence universelle

L’intelligence artificielle est un moteur pour l’innovation, mais elle pose aussi des questions de confiance et de sécurité. Une IA digne de confiance doit être sûre, respectueuse des droits fondamentaux et centrée sur l’humain. C’est un principe essentiel, peu importe le lieu de développement ou d’utilisation. Pour les entrepreneurs, il est important de construire des systèmes robustes, transparents et fiables.

Il est parfois difficile de comprendre pourquoi un système d’IA prend une décision ou fait une prédiction spécifique. Cette opacité peut rendre compliqué d’évaluer si une personne est désavantagée, par exemple dans une décision d’embauche. Des règles claires permettent d’anticiper ces défis et d’intégrer la confiance dès la conception, ce qui est crucial pour le succès de tout projet IA.

La législation sur l’IA de l’UE : un cadre novateur

La législation sur l’IA de l’Union européenne, connue sous le nom de règlement (UE) 2024/1689, est le premier cadre juridique complet au monde dans le domaine de l’intelligence artificielle. Ce règlement est entré en vigueur le 1 août 2024. Son objectif principal est de favoriser une IA digne de confiance en Europe, en établissant des règles harmonisées pour les développeurs et les utilisateurs d’IA.

Ce cadre fait partie d’un ensemble plus vaste de mesures européennes destinées à soutenir le développement d’une IA fiable. Cela inclut un plan d’action pour le continent de l’IA, des initiatives pour l’innovation dans le domaine de l’IA et le lancement d’usines d’IA. Ensemble, ces actions garantissent la sécurité et les droits fondamentaux, renforçant l’adoption, l’investissement et l’innovation de l’IA dans toute l’Union européenne. L’écosystème européen d’innovation en IA est renforcé par ce cadre qui répond aux besoins des jeunes entreprises et des PME.

Identifier les risques : les usages interdits de l’IA

La législation sur l’IA adopte une approche fondée sur les risques pour classer les systèmes d’IA en quatre niveaux. Certains systèmes d’IA, considérés comme présentant un « risque inacceptable », sont interdits car ils constituent une menace manifeste pour la sécurité, les moyens de subsistance et les droits des personnes.

Neuf pratiques spécifiques sont interdites. Les huit premières de ces interdictions sont entrées en vigueur en février 2025. Elles couvrent :

Ces interdictions visent à prévenir les conséquences indésirables des systèmes d’IA sur les individus et la société. Pour soutenir l’application de ces pratiques interdites, la Commission européenne a publié des lignes directrices.

  • La manipulation et la tromperie préjudiciables fondées sur l’IA.
  • L’exploitation nocive des vulnérabilités fondée sur l’IA.
  • La notation sociale.
  • L’évaluation ou la prévision des risques d’infraction pénale individuelle.
  • Le grattage non ciblé de matériel internet ou de vidéosurveillance pour créer ou développer des bases de données de reconnaissance faciale.
  • La reconnaissance des émotions sur les lieux de travail et dans les établissements d’enseignement.
  • La catégorisation biométrique pour déduire certaines caractéristiques protégées.
  • L’identification biométrique à distance en temps réel à des fins répressives dans des espaces accessibles au public.
  • Les systèmes d’IA qui génèrent du contenu sexuellement explicite et intime non consensuel ou du matériel relatif à des abus sexuels sur enfants (CSAM).

Appliquer la législation : acteurs et mécanismes

L’application du règlement sur l’IA est une responsabilité partagée. Elle implique le Bureau de l’IA de la Commission européenne, le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) et les autorités nationales compétentes désignées par les États membres. Ce cadre permet de garantir que l’IA est développée et utilisée en toute sécurité, renforçant ainsi la confiance dans cette technologie.

Le Bureau de l’IA est responsable des règles concernant les fournisseurs de modèles d’IA à usage général, notamment les modèles avancés. Il s’occupe aussi des systèmes d’IA développés par le même fournisseur que le modèle sous-jacent et des systèmes intégrés dans les très grandes plateformes ou moteurs de recherche en ligne. Les autorités nationales compétentes appliquent les règles aux autres systèmes d’IA, tandis que le CEPD s’occupe des systèmes d’IA utilisés par les institutions de l’UE.

Le Bureau de l’IA dispose de pouvoirs d’enquête et de sanction. Il peut demander des informations aux fournisseurs pour vérifier la conformité, avec des amendes possibles en cas de réponses incorrectes, trompeuses ou incomplètes. Il peut aussi évaluer des modèles, demander l’accès à ceux-ci et exiger des fournisseurs qu’ils prennent des mesures, y compris des restrictions de disponibilité. En cas de violation intentionnelle ou par négligence, la Commission peut imposer des sanctions au fournisseur concerné.

Implication pour les acteurs de l’IA : construire avec confiance

Bien que la législation sur l’IA soit un cadre européen, ses principes sont pertinents pour tous les acteurs de l’intelligence artificielle, partout dans le monde. Elle définit des standards élevés pour la fiabilité des systèmes IA, ce qui est important pour tout entrepreneur, association ou école qui construit ou utilise ces technologies. Adopter une approche responsable et éthique dès la conception d’une solution IA permet de construire des systèmes qui gagnent la confiance des utilisateurs, peu importe le contexte local.

Comprendre ces règles aide à construire des solutions d’IA plus résilientes, en anticipant les défis liés à la transparence, à la sécurité et aux droits fondamentaux. Que ce soit en Afrique francophone, dans la diaspora, ou en Europe, la demande pour une IA digne de confiance est universelle. Les équipes peuvent ainsi développer des applications robustes qui fonctionnent bien, même avec des contraintes spécifiques comme des connexions instables ou des canaux de communication comme WhatsApp. La conformité avec des standards élevés, même si elle n’est pas toujours obligatoire localement, est une base solide pour l’innovation durable.

La Commission européenne a mis en place le pacte sur l’IA, une initiative volontaire qui soutient la mise en œuvre future et invite les fournisseurs et utilisateurs d’IA à se conformer aux obligations. Ce dialogue avec les parties prenantes montre l’importance d’une collaboration pour construire un écosystème d’IA fiable.

1 août 2024
Date d’entrée en vigueur de la législation sur l’IA de l’UE.Plateforme unique d’information sur la législation sur l’IA (AI Act)
règlement (UE) 2024/1689
Nom officiel du premier cadre juridique complet au monde en matière d’intelligence artificielle.Législation sur l’IA | Bâtir l’avenir numérique de l’Europe
février 2025
Date d’entrée en vigueur des huit premières pratiques interdites par la législation sur l’IA de l’UE.Législation sur l’IA | Bâtir l’avenir numérique de l’Europe
9 pratiques
Nombre de pratiques liées à l’IA considérées comme un risque inacceptable et donc interdites.Législation sur l’IA | Bâtir l’avenir numérique de l’Europe

Ressources pour comprendre et s’adapter

Pour aider les parties prenantes à naviguer dans ce nouveau cadre réglementaire, une plateforme unique d’information sur la législation sur l’IA est disponible. Elle fournit des outils interactifs en ligne pour comprendre les obligations juridiques et les mesures nécessaires pour s’y conformer. Cette plateforme fait partie du Service Desk de la législation sur l’IA, une initiative centrale pour le soutien des acteurs concernés.

Parmi les outils proposés, l’AI Act Explorer permet de parcourir intuitivement les différents chapitres et annexes du règlement. Le vérificateur de conformité au règlement sur l’IA aide à évaluer si les systèmes d’IA et les modèles à usage général respectent les exigences. En cas de questions, l’équipe du Service Desk de la législation sur l’IA est disponible pour apporter un soutien, y compris dans différentes langues. Ces ressources sont conçues pour soutenir l’écosystème d’innovation en IA en répondant aux besoins des jeunes entreprises et des PME.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la législation sur l’IA (AI Act) ?

La législation sur l’IA de l’UE est le premier cadre juridique complet au monde régulant l’intelligence artificielle. Elle établit des règles harmonisées pour une IA digne de confiance, en se basant sur une approche des risques pour garantir la sécurité et les droits fondamentaux. Elle est entrée en vigueur le 1 août 2024.

Pourquoi l’Union européenne a-t-elle créé ces règles ?

Ces règles ont été créées pour favoriser une IA fiable en Europe, tout en résolvant les défis sociétaux et en évitant les résultats indésirables des systèmes d’IA. L’objectif est de garantir la sécurité, les droits fondamentaux et une IA centrée sur l’humain, tout en renforçant l’adoption, l’investissement et l’innovation dans l’IA.

Quels sont les usages de l’IA interdits ?

La législation interdit neuf pratiques d’IA considérées comme un risque inacceptable, car elles représentent une menace manifeste pour la sécurité, les moyens de subsistance et les droits des personnes. Cela inclut la manipulation nuisible, la notation sociale, la reconnaissance des émotions en milieu professionnel ou éducatif, et la génération de contenu illégal ou non consensuel. Les huit premières interdictions sont en vigueur depuis février 2025.

Qui est chargé de l’application de cette législation ?

L’application est partagée entre le Bureau de l’IA de la Commission européenne, le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) et les autorités nationales compétentes désignées par les États membres. Chaque entité a des responsabilités spécifiques selon le type de système d’IA ou le fournisseur concerné.

Comment le Bureau de l’IA de la Commission européenne agit-il ?

Le Bureau de l’IA est responsable des modèles d’IA à usage général et des systèmes intégrés dans de très grandes plateformes. Il dispose de pouvoirs d’enquête, tels que des demandes d’informations et des évaluations de modèles, ainsi que de pouvoirs de sanction, y compris l’imposition d’amendes en cas de non-conformité intentionnelle ou par négligence.

TiDI peut-il m’aider à comprendre si ma solution est conforme à l’AI Act ?

TiDI construit des agents IA, des automatismes et des applications sur mesure. Nous ne sommes pas un cabinet de conseil juridique. Cependant, nous concevons nos solutions en tenant compte des meilleures pratiques de fiabilité et d’éthique. Pour des questions de conformité réglementaire, nous vous invitons à consulter les outils interactifs du Service Desk de la législation sur l’IA de l’UE et des experts juridiques spécialisés.

Les sources de cet article

  1. Plateforme unique d’information sur la législation sur l’IA (AI Act) Date d’entrée en vigueur de la législation sur l’IA de l’UE.
  2. Législation sur l’IA | Bâtir l’avenir numérique de l’Europe Nom officiel du premier cadre juridique complet au monde en matière d’intelligence artificielle.
  3. Législation sur l’IA | Bâtir l’avenir numérique de l’Europe Date d’entrée en vigueur des huit premières pratiques interdites par la législation sur l’IA de l’UE.
  4. Législation sur l’IA | Bâtir l’avenir numérique de l’Europe Nombre de pratiques liées à l’IA considérées comme un risque inacceptable et donc interdites.

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Publié le 3 novembre 2026. Écrit par Steve Tiambo, fondateur de TiDI, à Lyon.